En savoir plus sur la névrose

 

Le terme de névrose paraît avoir été introduit par William Cullen, médecin écossais, dans un traité de médecine paru en 1777. L'usage courant au cours du XIXème siècle sera de ranger sous le nom de névrose toute une série d'affections caractérisées par un siège organique précis et par le fait d'être des affections fonctionnelles qui sont tenues pour des maladies du système nerveux. (1)

Freud, dans sa première topique, attribue la névrose à une expérience traumatisante à caractère sexuel vécue par l'enfant (acte séducteur de l'adulte vis-à-vis de l'enfant). Ce trauma et les affects qui y sont liés seront refoulés, il parlera alors de névrose de défense. Ensuite, dans la seconde topique, il réalise que le trauma sexuel n'est pas toujours réel, qu'il s'agit souvent d'un fantasme inconscient et que c'est le conflit psychique qui en découle qui cause la névrose. Il classera alors les névroses entre les névroses actuelles où l'étiologie est cherchée dans un dysfonctionnement somatique de la sexualité, et les psychonévroses où c'est le conflit psychique qui est déterminant. (1)

Actuellement, on caractérise les névroses (2) par :

- des symptômes névrotiques : ce sont les troubles des conduites, des sentiments ou des idées qui manifestent une défense contre l'angoisse et constituent à l'égard de ce conflit interne un compromis dont le sujet tire dans sa position névrotique un certain profit (bénéfices secondaires de la névrose)

- par le caractère névrotique du Moi : celui-ci ne peut trouver dans l'identification de son propre personnage de bonnes relations avec autrui et un équilibre intérieur satisfaisant.

Pour Dolto (3), la névrose survient chez un être humain dont le désordre libidinal ne s'est établi qu'après la castration primaire surmontée, c'est-à-dire chez un être humain qui est fier de ses caractéristiques sexuelles, qui a vécu le complexe d'Oedipe sans être arrivé à le résoudre tout à fait, d'où son angoisse latente de castration génitale, totalement inconsciente la plupart du temps, qui s'exprime dans des symptômes dont il souffre consciemment tant par la gêne qu'ils lui procurent que par les sentiments de culpabilité qu'il éprouve de ne pouvoir s'en rendre maître. Mais, ce qui est caractéristique de la névrose c'est que le sujet, même dans ses rêves, ne peut jamais régresser à un Moi qui ne serait pas de son sexe, et pas de l'espèce humaine.

Le névrosé présente un fantasme fondamental. Dans celui-ci, la pulsion est gelée dans un certain circuit, à partir d'une interprétation que le sujet fait de sa rencontre avec le manque dans l'Autre. Le sujet névrosé amène son objet petit a. Mais... pas dans sa poche, comme le dit Lacan lorsqu'il parle de cet objet chez le sujet psychotique. Le névrosé l'amène articulé à son fantasme fondamental, enveloppé dans « l'enveloppe formelle du symptôme ». Et cette enveloppe, c'est la libido qui entoure la pulsion. Elle part d'un point, enlace la pulsion et retourne au corps. Pendant ce trajet, elle est toujours marquée par la présence du signifiant. Cette enveloppe libidinale protège l'objet petit a et établit, pour Lacan, un semblant. Ce semblant produit pour sa part un masque, comme dans le théâtre grec. Ce mouvement réalise des effets de cause et évite les effets drastiques de la rencontre avec un réel dépourvu de son enveloppe formelle. (4)

Je n'entrerai pas plus dans les détails car ce terme général de « névrose » est bien trop vaste pour ce petit site. De plus, je trouve plus intéressant de développer tel ou tel type de névrose (hystérique, phobique, ...) de manière plus exhaustive.

 

Sources :

1) Laplanche J., Pontalis J.-B. : « Vocabulaire de la psychanalyse »

2) Ey H., Bernard P. et Brisset C. : « Manuel de psychiatrie »

3) Dolto F. : « Le cas Dominique »

4) Celso Rennó Lima : « L'objet a dans l'expérience analytique avec les psychoses »