L'adolescence offre un terrain particulièrement exposé à la tentation de la drogue, il y a l'anxiété et l'inconfort physique qui caractérisent cet âge, le côté rituel et magique de l'utilisation des drogues, la pression sociale des groupes d'adolescents, la recherche d'une identité ... autant de facteurs qui contribuent à inciter l'adolescent à expérimenter la drogue. Il faut cependant distinguer les adolescents qui se droguent par « curiosité » et dont la pratique n'est qu'épisodique, et ceux qui utilisent les drogues d'une manière quotidienne sans pouvoir s'en passer. Pour ceux-ci, l'utilisation des drogues peut les amener, pour des raisons financières la plupart du temps, à la violence, l'abandon scolaire, la prostitution et la vente de drogues. Actuellement, l'usage non seulement des produits psychotropes mais de la drogue douce et de l'alcool souvent associés, cocktail d'une synergie redoutable, se banalise considérablement.
Tous ces moyens artificels de jouissance sont venus du fait que la satisfaction matérielle des besoins s'est trouvée facilitée par la civilisation et la technologie. Les gens ne savent plus quoi faire de leur désir, alors ils le transforment en besoin de quelque chose de répétitif qui les occupe à ne rien faire, qui les occupe avec des représentations mentales. Les jeunes banalisent le joint, pour avoir quelque chose à eux. C'est une jouissance, passive, de classe d'âge. Cependant, ce n'est pas parce qu'ils fument des joints que les jeunes sont des drogués, ils ont répondu à la mode du groupe. A la première occasion, s'ils sont amoureux d'une fille, ils quittent la bande, ce n'est pas la même chose que l'usage des drogues dures qui correspond à une angoisse existentielle. Les joints sont un peu comme la cigarette, les jeunes peuvent s'en passer sans cure de désintoxication, mais à la différence du tabac, le joint inhibe leur « vouloir-vivre » et cela les dissuade d'agir, de faire face à leurs responsabilités. Pendant qu'ils fument, ils ne font pas autre chose et après, ils n'ont plus envie de faire autre chose. Cette attitude de totale indifférence, la cigarette banale ne l'induit pas. La tabagie n'a jamais empêché les gens d'avoir une vie sociale, bien qu'elle prédispose au cancer des poumons.
Source : Dolto F. : « La cause des adolescents »