Ce qui existe et a toujours existé chez l'adolescent, c'est cette préférence pour l'amitié. Dès lors qu'il faut quitter la famille pour aller dans l'inconnu, poussé par une sexualité qui a été marquée par la prohibition de l'inceste, les amis de classe d'âge voisine prennent une importance capitale. La croyance de l'amitié existe et quand le jeune perd ça, il n'a plus rien du tout car seule l'amitié lui rend la vie vivable. L'amitié déçue est la plus grande épreuve de la puberté. (1)
La technologie s'est mise au service de ce besoin d'amitié de l'adolescent en lui offrant la possibilité d'être en contact permanent avec d'autres grâce au téléphone portable. On peut presque dire qu'il règne une espèce de « téléphonomania » chez certains jeunes qui, à peine arrivés à la maison, n'ont de cesse de rappeler les copains et copines avec qui ils étaient, moins de dix minutes plus tôt, pour poursuivre la discussion qu'il avait bien fallu interrompre. La mode du portable, initiée par les aînés, démultiplie les possibilités de se brancher sur l'autre, notre monde apparaissant de plus en plus comme une conversation ininterrompue, sans queue ni tête, créant le besoin d'appeler l'autre souvent pour lui dire les pires banalités. Cette capacité technique de se joindre à tous moments annule le travail de séparation, les parents pouvant appeler leurs enfants ou inversement les enfants pouvant joindre à volonté leurs parents, sans que l'on ne sache plus très bien qui contrôle qui, qui cherche à se réassurer, à éviter l'angoisse de la séparation. (2)
Sources : 1) Dolto F. : « La cause des adolescents »
2) François Marty : « Addiction adolescente au virtuel »