En savoir plus sur l'adolescence

 

Il apparaît que le terme d'adolescent soit relativement nouveau. Avant le XXème sièce, on prolongeait l'enfance ou on intronisait brutalement le jeune adulte. Le mot « adolescent » est entré en littérature sous la plume de Victor Hugo (« Les travailleurs de la mer ») : « ... l'adolescence, les deux crépuscules mêlés, le commencement d'une femme dans la fin d'un enfant ». Aujourd'hui, on entend l'aurore d'un adulte dans le crépuscule d'un enfant. Cette aurore correspond à ce que Rousseau appelle la « seconde naissance » de l'homme dans son texte l'Emile.

L'américain Stanley Hall et l'un des tout premiers à avoir préconisé une étude spécifique de l'adolescence. Il a fait école aux Etats-Unis après avoir publié « The Psychology of Adolescence » en 1904. Le courant de recherche remonte aux années 1890.

L'adolescence, c'est la « mort à l'enfance », au cours de cette mutation, le jeune reproduit la fragilité du bébé qui naît, extrêmement sensible à ce qu'il reçoit comme regard et entend comme propos le concernant. Pour bien comprendre ce qu'est le dénuement, la faiblesse de l'adolescent, Dolto F. emprunte l'image des homards et des langoustes qui perdent leur carapace et qui se cachent sous les rochers le temps de sécréter leur nouvelle coquille. Si, pendant qu'ils sont vulnérables, ils reçoivent des coups, ils sont blessés pour toujours, leur carapace recouvrira les cicatrices mais ne les effacera pas. Pour les adolescents, c'est pareil, dans ce moment de fragilité extrême, ils se défendent contre les autres soit par la dépression, soit par un état de négativisme qui aggrave encore leur faiblesse.

Le fait capital qui marque la rupture avec l'état d'enfance c'est la possibilité de dissocier la vie imaginaire et la réalité, le rêve et les relations réelles. Un jeune individu sort de l'adolescence lorsque l'angoisse de ses parents ne produit plus sur lui aucun effet inhibiteur, lorsqu'il est capable de se libérer de l'influence parentale.

 

 

Source : Dolto F. : « La cause des adolescents »