En savoir plus sur l'abandonnisme

1. Description

2. Symptômes

3. Etiologie

 

1. Description

 

L'abandonnique redoute par-dessus tout le fait qu'on ne s'occupe plus de lui. Il voit dans ce manque de sollicitude une privation d'amour qu'il ressent comme une frustration. Il réclame des certitudes absolues et des réassurances persistantes, seules certaines personnes élues comme objets sont capables de lui apporter la certitude qui alimente sa sécurité. Il est habité par la hantise d'être abandonné et, projetant sa peur sur l'objet, il lui attribue des arrière-pensées, des doutes, des sentiments d'antipathie, des intentions méchantes ou des mobiles agressifs et hostiles. Cette crainte constante d'être "lâché" met l'objet dans une situation si difficile et si lassante qu'elle peut aboutir à la longue à un lâchage réel. Telle est la fatalité qui pèse sur l'abandonnien, il favorise l'abandon. (1)

Pour Guex G. (2), si la "névrose d'abandon", n'est pas un ensemble de phénomènes réactionnels à un abandon vrai, elle n'est pas non plus une névrose au sens freudien du terme. Elle n'est pas la conséquence d'un conflit, elle relève d'un stade antérieur du développement de l'individu. Il s'agit d'une névrose pré-oedipienne, avec un vécu extrêmement actif, mais de façon consciente, qui n'a été ni accepté et "digéré", ni refoulé. Il est ressenti comme actuel, malgré son ancienneté et, dans la plupart des cas, le sujet le ressasse sans cesse. Il crée la névrose non du fait de ses irruptions inconscientes dans la vie du patient, mais par suite des décalages et anachronismes qu'il provoque. Le névrosé vit sur deux plans (petite enfance, âge réel) les confondant et se comportant en conséquence. Ce sont des gens demeurés à un stade primitif, où toute force instinctuelle et affective semble drainée dans un seul sens, s'assurer l'amour et par là, maintenir la sécurité. Il y a primauté de l'image maternelle et paternelle maternisée pour les deux sexes. L'évolution affective liée au développement normal de l'instinct sexuel, telle que Freud l'a décrite, ne peut se produire : pas d'Oedipe, ou tendance oedipienne sporadique et de faible intensité, toujours prête à "s'infantiliser". Partant de là, pas de Surmoi. C'est le Moi, et non le Surmoi, qui s'oppose à l'Oedipe, un Moi très primitif pour qui la relation oedipienne est inconcevable car elle constitue une menace quant à la sécurité. L'abandonnique aspire au sentiment de fusion avec un autre être (la mère) et non au sentiment de relation qu'il ne conçoit même pas.

 

Sources :

1. Odier C. : « L'angoisse et la pensée magique. Essai d'analyse psychogénétique appliquée à la phobie et la névrose d'abandon »

2. Guex G. : « La névrose d'abandon »

 

2. Symptômes.

 

Les abandonniques ont toujours deux caractères en commun : l'angoisse et l'agressivité qui se rattachent à un état psychologique initial, caractérisé par l'absence d'un juste sentiment du Moi et de sa valeur propre. C'est sur l'angoisse qu'éveille tout abandon, sur l'agressivité qu'il fait naître et sur la non-valorisation de soi-même qui en découle, que s'édifie toute le symptomatologie de cette névrose. (1)

a) les peurs et l'angoisse

Non-valorisé, l'enfant se trouve dans un état de faiblesse et d'impuissance qui donne naissance aux terreurs. L'adulte qu'il devient ne peut s'en délivrer, il reste ce qu'il était : un être prématuré devant la vie, incapable de s'y adapter par lui-même, la réalité demeurant pour lui hostile et inaccessible. Pour Odier C. (2), les peurs et angoisses de l'abandonnique, soit à l'état de veille, soit à l'état de sommeil (cauchemar), ont toutes les caractéristiques des terreurs primaires de l'enfant en face des êtres et objets doués par lui d'une toute-puissance maléfique. On peut retrouver des peurs cosmiques (tremblement de terre, ...), physiques (feu, vide, armes, animaux, maladies, mort, ...), psychiques dont l'objet central est la peur de manquer d'amour ou peur de le perdre.

Parmi celles-ci il y a :

- la peur de se montrer tel que l'on est : l'abandonnique doute qu'on puisse l'aimer tel qu'il est, car il a fait la cruelle expérience de l'abandon, alors qu'il se proposait à la tendresse des autres, tout petit, donc sans artifice

- la peur du risque affectif : l'angoisse de l'abandon et de la solitude entraînent une peur intense de tout ce qui peut comporter un risque dans ce sens

- la peur de la responsabilité : pour éviter ce risque, l'abandonnique ne s'engage affectivement vis-à-vis de rien ni de personne à moins de garanties sérieuses. D'une manière générale, il redoute la responsabilité et a tendance à la rejeter sur autrui

Hanté par la peur de perdre l'amour, l'abandonnique cherche à se préserver de ce malheur et de l'angoisse qui l'accompagne par des mesures de protection, tantôt négatives (refus de s'engager, s'infliger l'abandon pour éviter le sentiment d'être le jouet d'autrui : lâcher pour ne pas être lâché), tantôt positives (dévouement, asservissement à autrui, soin porté à préserver le lien, ...).

L'angoisse abandonnique a toutes les caractéristiques du stade de développement élémentaire auquel elle appartient. C'est l'angoisse primaire par excellence, liée à l'incapacité de l'enfant de satisfaire ses propres besoins et de se défendre contre les menaces du monde extérieur. Elle est immédiate et parfois très confuse, constituée par un débordement d'émotion que le Moi est incapable d'endiguer. Dès la deuxième année, elle participe au stade magique et à la prélogique enfantine, elle garde ces caractères, quel que soit l'âge du sujet. Sous le coup d'une menace de frustration, l'abandonnique régresse immédiatement au stade d'impuissance primaire, et son Moi, envahi par l'émotion et la peur, ressent le malheur comme inévitable et déjà consommé. (1)

b) l'agressivité

Elle est réactionnelle, consécutive aux privations d'amour de l'enfance et susceptible de diminuer, puis de disparaître au cours du traitement. Elle se manifeste par la vengance, faire subir à l'autre ce dont l'abandonique a souffert lui-même et menacer, frustrer, abandonner. Il fait payer à autrui ses souffrances passées de mille façons :

- par les exigences sans limite de son besoin d'amour

Exigences liées à la pensée magique, la plus grande preuve d'amour qu'il réclame de l'objet est non seulement d'être compris, mais d'être deviné. Il s'agit de mettre à l'épreuve pour faire la preuve soit en disant le faux pour mettre à l'épreuve le don divinatoire de l'objet, et par là même s'assurer de son intérêt et de sa compréhension, soit de savoir si l'objet aimera malgré tout le sujet tel qu'il est et si désagréable qu'il puisse se montrer, la mesure de son endurance donnant la mesure de son amour.

Exigences liées à la méconnaissance de l'intention, les paroles sont trompeuses, la compréhension intérieure et les sentiments sont sujets à caution. Il lui faut des faits, et ces faits seront envisagés par lui à l'état brut, dépouillés de leur contexte, des circonstances connexes, des intentions de l'objet : "il aurait pu arriver à l'heure s'il l'avait réellement voulu, s'il le désirait vraiment, il pourrait vaincre tous les obstacles". Le manque de sécurité affective joint à un égocentrisme très primitif abolit le sens du possible, du réel et le fait recourir à la croyance magique en la toute puissance de l'objet.

Exigences liées au besoin d'absolu : l'abandonnique aspire à tout partager avec l'être qu'il aime, à tout savoir, à tout faire avec lui. L'attachement abandonnique est exclusif, il n'admet ni l'absence, ni le partage, c'est tout ou rien. (1)

- par une attitude passive

Demeuré fixé au stade réceptif et captatif de l'enfance, il attend tout d'autrui. Dans les cas aigus, il demeure passif dans tous les domaines de la vie. Cette lacune est exploitée par l'abandonnique dans le sens de sa névrose, pour prolonger la jouissance d'un état infantile d'irresponsabilité et pour avoir barre sur autrui en l'asservissant à ses besoins. On retrouve ici le déplacement d'agressivité tendant à faire supporter par les objets actuels les fautes commises par les parents, et leurs nombreuses conséquences. (1)

- par ses interprétations "fantaisies et comportement masochique

Il s'agit dans ce cas d'un masochisme affectif et non d'un masochisme moral comme Freud l'a décrit (retournement contre soi d'un sadisme primitivement dirigé contre autrui, puis refoulé). Odier C. (2) l'a décrit comme primaire, partiellement donné dans la constitution même de l'individu et renforcé par l'abandon, il n'est donc pas le produit d'un refoulement dû au Surmoi. Ses mécanismes, élaborés par le Moi, sont généralement conscients ou préconscients et semblent vouloir d'une part, renforcer et justifier le sentiment de non-valeur de soi-même, d'autre part, d'alimenter la rancune initiale et l'empêcher de s'éteindre. La dimension agressive est bien présente : en s'en prenant à soi-même, en niant sa propre valeur, en s'abaissant, en s'avilissant, en se détruisant psychiquement, le sujet sait bien qu'il atteint l'objet, et à travers lui, parfois directement aussi, la mère ou le père coupable du manque d'amour.

On peut observer trois groupes de manifestations masochiques selon Guex G. (1) :

- les manifestations masochiques liées au besoin de mettre à l'épreuve pour faire la preuve : résultat de ses fausses attitudes, ses faux refus, ... qui le privent sans cesse de ce qu'il souhaite, de ce à quoi il aspire. Ils accentuent sa situation d'infériorité, son état de dépendance et aboutissent à l'échec

- les manifestations masochiques explosives : scènes de désespoir, crise de dévalorisation dirigées contre l'objet, accès d'angoisse plus ou moins spectaculaires. Plutôt qu'à se faire consoler et rassurer, le sujet vise à blesser l'objet, à le désemparer, à lui donner de la culpabilité, car le propre de ces crises est de mettre en évidence l'irresponsabilité du sujet et la complète responsabilité de l'objet

- les manifestations masochiques secrètes : rêveries et fantasmes masochiques de caractère affectif, non sexuel. L'agressivité est présente car dans ses fantasmes, l'objet devient capable de tout, c'est-à-dire du pire : tromperies, infidélité, abandon

c) la non-valorisation

Les circonstances traumatisantes qui ont privé l'enfant de sécurité affective se sont produites dans ses premières années, alors que tout son développement était encore à faire et que, par conséquent, l'acquisition du sentiment de la valeur de soi-même était à venir. Il ne s'agit donc pas ici d'un sentiment de valeur perdu, mais d'un sentiment de valeur non-acquis. Cette non-valorisation de l'abandonnique en tant qu'objet d'amour s'exprime en premier lieu par des doutes multiples envers lui-même : "je ne vaux pas qu'on m'aime". Ces doutes ont tendance à se fixer sur des manifestations extérieures de la personnalité ou sur quelque défaut physique, autour duquel se cristallise toute l'insécurité du sujet. Le mécanisme de défense en jeu est le rejet de la responsabilité par la projection à l'extérieur des causes du trouble.

Il arrive parfois que des abandonniques se rendent compte de certaines lacunes intérieures, c'est à elles que s'accroche et s'alimente leur sentiment d'impuissance : manque d'intelligence, de culture, ... Ce sont alors ces manques illusoires ou réels qui justifient pour eux leurs échecs affectifs, leurs déceptions en amitié ou en amour. Les doutes de l'abandonnique quant à lui-même sont renforcés par un mécanisme qui procède de la même cause, c'est-à-dire de la non-valorisation, consistant à survaloriser autrui dans la mesure même où l'on se sait dévalorisé. A son tour, la survalorisation des autres engendre la tendance à se comparer sans cesse à eux, à son propre détriment. Cercle fermé, où un mal fait naître un plus grand mal. La non-valorisation affective amène toujours l'abandonnique à un sentiment extrêmement pénible et obsédant d'exclusion, de n'avoir nulle part sa place.

De cette non-valorisation découle une fausse notion de soi-même, un manque de respect et d'un juste intérêt pour soi-même. (1)

Sources :

1. Guex G. : « La névrose d'abandon »

2. Odier C. : « L'angoisse et la pensée magique. Essai d'analyse psychogénétique appliquée à la phobie et la névrose d'abandon »

 

3. Etiologie.

 

Du point de vue psychique, la petite enfance des névrosés adultes, comme celles des enfants directement observés en période d'angoisse d'abandon, présente trois traits caractéristiques :

- une forte affectivité, avec prédominance des besoins affectifs sur les autres besoins

- un besoin possessif intense, plus ou moins camouflé, à l'égard des êtres qu'il aime. Intolérance à la privation, à l'absence, au partage

- une tendance marquée à l'anxiété

Le petit abandonnique témoigne d'une sorte de "gloutonnerie" affective (à rapprocher de la gloutonnerie réelle que manifestent certains enfants en période de carence affective). Pour qu'il soit heureux et paisible, il faut qu'il se sente entouré de tous ceux qui l'aiment et qu'il chérit en retour, que rien ne menace l'unité familiale en général et singulièrement son unité avec la mère et que celle-ci lui donne preuve sur preuve de son amour. Inversement, tout ce qui menace cette unité, tout ce qui lui semble porter atteinte à l'exclusivité du lien, déclenche son désespoir ou sa révolte. Sa sécurité s'effondre avec la même facilité qu'elle se retrouve : il dépend entièrement du climat créé autour de lui, et ce climat lui-même est dû souvent à de très petites choses, des nuances, des riens, qu'un autre enfant ne remarque même pas et qui risquent de passer inaperçus aux yeux de l'adulte inattentif. Facile à éduquer et à adapter aux exigences de la vie pour tout ce qui ne touche pas à l'affectif, car là ne réside pas son intérêt primordial, il manifeste une intolérance quasi absolue à tout ce qui implique un renoncement sur le plan de l'amour possessif. (1)

A un moment de son existence, l'enfant s'est trouvé en face d'une privation d'amour non objectivement motivée, par exemple dans les innombrables cas de "fausse présence" maternelle. Une fausse-présence qui s'oppose à la réalisation d'une concordance correcte et heureuse entre l'action de l'objet et les besoins du sujet, cela se ramène à une présence purement corporelle ou matérielle avec succession d'actes moteurs et de paroles impersonnelles. L'enfant s'est senti seul, ne comprenant pas et s'angoissant. De ces privations-là la mère la plus attentive ne peut donner que des explications superficielles et fausses, que l'enfant enregistre comme telles, puisque les raisons véritables, le plus souvent, lui échappent à elle-même. L'analyse prouve que le besoin de s'expliquer son malheur tourmente alors profondément l'enfant. Il faut qu'il comprenne. Suivant sa nature et ses tendances profondes, il adopte soit le point de vue de l'infériorité "Je ne vaux pas qu'on m'aime", soit le point de vue de la culpabilité "C'est ma faute, on ne peut pas m'aimer parce que je suis méchant". Il est rare que la névrose d'abandon s'installe suite à un abandon réel. (2)

On retrouve donc la même étiologie que dans l'angoisse d'abandon, cela laisse supposer qu'un enfant souffrant d'angoisse d'abandon risque de devenir un adulte abandonnique s'il n'a pas été aidé dans son enfance.

 

Sources :

1. Guex G. : « La névrose d'abandon »

2. Odier C. : « L'angoisse et la pensée magique. Essai d'analyse psychogénétique appliquée à la phobie et la névrose d'abandon »

 

Commentaires

C'est étrange.... Il y a

C'est étrange.... Il y a des années que je m'étais trouvée ce nom, toute seule. Je souffre d'abandonnite aigue !

Il y aurait beaucoup à dire.... Mais une question me turlupine. Quand deux souffrants d'abandonnite se rencontrent, qu'est ce qu'ils se racontent ?

C'est mon histoire actuelle. Elle est à la fois belle et terrible. Moi, d'un côté, qui l'entretient, cette histoire, et qui garde comme un leitmotiv perpétuellement dans ma tête : Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu'on te fasse.. Et lui, constamment à la recherche de l'absolu, de preuves de mon attachement, de mon soutien, de ma confiance...

Je fatigue.

Bonjour, J'ai rencontré le

Bonjour,

J'ai rencontré le grand amour à 36 ans (il y a 5 ans). Cette relation a fait éclore chez moi un certain abandonnisme. C'est très cruel à gérer car j'en suis consciente et je dois toujours me contrôler pour ne pas alourdir la relation et mettre de la pression sur mon mari. Je crois que j'étais depuis 20 ans dans un couple qui me protégeait de cette névrose, un couple parental mais pas amoureux. Je suis en thérapie depuis des années. Cela m'aide beaucoup. Je me découvre aussi ces dernières années comme quelqu'un d'intelligent et qui est passé à côté de ses vraies potentialités (manque de confiance en moi, destruction de mon estime par ma mère, père absent). Mais j'explose aujourd'hui au niveau professionnel. Je suis très investie en tant que maman et même si j'ai quitté leur papa, avec la peur qu'ils ressentent de l'abandon dans la garde alternée, j'ai réussi par cette situation à retrouver un certain équilibre (moins d'investissement qui pourrait être néfaste à mes yeux pour eux) et mes enfants se développent avec beaucoup d'autonomie et de sécurité.
J'ai eu une maman qui m'utilisait et non me reconnaissait, elle est morte le jour de mon premier mariage d'un cancer généralisé. Je me suis mariée pour lui faire un dernier cadeau. Mais j'ai eu trois merveilleux enfants de ce mariage. Et aujourd'hui, un divorce respectueux.
J'ai refondé une famille et je ne me sens plus jamais en sécurité. Tout me semble fragile. Je me trouve bien sûr ridicule et j'espère arriver à me débarrasser de cette névrose qui me pourrit la vie, cette vie qui est si belle pourtant.

bonjour, j'ai 38 ans et j'ai

bonjour,
j'ai 38 ans et j'ai l'impression d'avoir perdu une grosse partie de ma vie
parce que je ne comprenais pas pourquoi je n'arrivais pas à habiter la
réalité. comme si j'étais anesthésiée, du coup les seules façons de
me sentir vivante consistaient à passer à l'acte (boulimie, kleptomanie
et j'en passe). je n'ai pas envie de dire que mon histoire est banale parce
que chaque histoire est singulière. pendant des annèes, j'ai glanné des
éléments pour expliquer ce qui m'arrivait. comme si des les premières
annèes j'avais conscience d'être spectatrice de La vie et de ne pas y
être.je suis issue d'une famille très nombreuse où nous étions tous
livrés à nous même, des parents absents dans le sens où outre les
soins d'hygiène et de nourriure il n'y avait aucun soin, aucune
attention. de plus ma mère avait un système de valorisation ou
dévalorisation de ces enfants, par exemple moi (mais pas seulement moi
dans la fratrie) j'étais considérée comme pas belle, trop maladroite
etc. ce qui me sidére aujourd'hui c'est cette capacité (sans avoir l'air
de le faire intentionnellement) à détruire autant de personnes (beaucoup
de maladies, de toxicomanie dans la famille etc). bref je n'ai jamais eu
aucune assise pour m'inscrire tout simplement dans la vie. j'ai gaché des
annèes de possibilité de parcours professionnel (nous étions tous doué
pour les études mais nous avons plus ou moins réussi, d'ailleurs ce qui
ont réussi sont ceux qui se sont éloignés géographiquement de mes
parents), après une maîtrise de philosophie, j'ai foiré pas mal de
chose. au fond de moi, je voulais travailler dans le social mais comme
personne ne m'a poussé dans cette voie, je ne m'en sentais pas digne. les
choses commencent à changer doucement, j'ai un petit garçon de 6 ans qui
très vite s'est imposé comme une personne envers qui j'ai à la fois des
devoirs et tellement d'amour, je ne comprends d'autant moins comment mes
parents ne se sont pas investis par nous. j'ai repris une formation
d'assistante sociale (enfin!) et surtout j'ai vu une psychiatre qui la
première m'a parlé de névrose d'abandon, j'ai pourtant souvent appellé
à l'aide (consulter différents psy) et aucun ne m'a parlé de cette
possibilité. je sais que ma vie ne tient qu'à un fil et j'espère y
arriver.
cordialement

Je suis sûre que vous allez

Je suis sûre que vous allez y arriver. Dès qu'on met des mots sur les maux, dès que la conscience est sollicitée, tout est possible parce que nous sommes des êtres libres, grands et beaux...c'est notre grandeur qui nous fait peur, dit N. Mandela. Oui, vous pouvez y arriver et vous y arriverez, l'Amour est tellement puissant!

bonjour, je crois souffrir

bonjour,
je crois souffrir de ce syndrome
en tout cas j'en ai tous les symptômes
petite, ma grand-mère a abandonner toute ma famille, j'ai vu ma mère triste très longtemps et ma soeur aînée aussi qui était très liée à ma grand-mère. suite à cela, je suis entrée en primaire et mes amis m'ont abandonné. j'ai passé toute ma primaire toute seule ou alors avec quelques personnes mais qui finnissaient toutes par me laisser. ensuite je suis entrée au collège, j'ai repris un peu plus confiance en moi grâce à l'amitié de plusieurs personnes que j'ai rencontré à cette époque. cependant vers la quatrième, ma situation de primaire a recommencer, ils m'ont à nouveau abandonné. j'ai passé mes deux dernière année de collège seule. à cette époque, un problème est survenu entre mes parents et mon oncle, le seul membre de ma famille avec qui nous nous entendions très bien, je l'aimais beaucoup, lui et sa femme. après ce problème, je ne les aies plus vu, je ne leur aie plus parler, ils ne voulaient, alors qu'ils m'avaient promis qu'ils seraient toujours là pour moi. maintenant, je suis en seconde, et je dois dire que j'ai enfin trouver ma place, du moins j'en ai l'impression ^^les gens que j'ai rencontré, je les aimes plus que de raison. je ressens pour eux cet amour maternel dont vous parlez. je m'inquiète constamment pour eux, et si je ne les vois pas au moins une fois dans la journée, je n'arrive pas à trouver le sommeil. déjà enfant, j'avais un besoin très fort d'aimer et surtout d'être aimé, mais vu que je n'avais personne, j'ai dévellopé un attachement très fort pour les animaux que je possède toujours. je les considèrent comme mes enfants, ma famille, parce que se sont les seuls qui ne m'ont jamais abandonné. En ce qui concerne mes amis d'aujourd'hui, j'ai peur qu'ils se lassent de moi parce que je les colle trop, si seulement ils pouvaient voir dans mon coeur, ils n'y verraient que mon amour pour eux. voilà j'ai raconté mon histoire, je ne pense pas qu'elle soit si triste que cela mais j'espère juste que ma phobie de l'abandon et du non-retour de mon amour ne me fasse pas perdre mes amis, qu'elle disparaisse un jour comme elle est arrivée...

bonjour je te conseille de

bonjour

je te conseille de te faire suivre. Je pourrai etre ta maman et j'ai vecu la meme chose que toi mais je n'ai pas été soignée dans ma jeunesse. Si tu es soignée jeune tu arriveras a surmonter cette quête incessante d'amour et tu ne seras pas pénalisée dans ta vie professionnelle. Moi je l'ai ratée car je cherchais de l'affection et le milieu du travail n'est surement pas fait pour cela. Il faut être forte et savoir s'imposer. Ton angoisse, malheureusement, ne disparaitra pas toute seule. Bon courage

Voici un témoignage

Voici un témoignage différent.

J'ai 37 ans et ai suivi une thérapie pendant 2 ans qui fut cauchemardesque. Le diagnostic posé par ma psy fut celui d'abandonnisme. Elle a géré la thérapie à sa manière et en passant tout au filtre de l'abandonnisme sans porter attention à tout ce qui n'était pas habituel chez un abandonnique mais présent chez moi. J'ai donc porté cette étiquette d'abandonnique (et d'autres) pendant 2 ans jusqu'à ce qu'une 2ème psychologue consultée mette le doigt sur mon problème : je suis une personne à Haut Potentiel.

Il y a une part "d'abandonnisme" dans le vécu des HP si les parents n'ont pas eu conscience de la douance de leur enfant, car le décalage amène une certaine carence.
Aujourd'hui, je réfute ce diagnostic d'abandonnique. Ma psy a été incapable d'admettre qu'une autre vision de mon cas était possible.
Evidemment, la thérapie s'est mal terminée. Je travaille maintenant avec une autre thérapeute plus compétente sur les problèmes liés à ma douance.

Bonne journée à tous

Je me reconnais dans chaque

Je me reconnais dans chaque temoignage, c'est une vive souffrance, mais enfin une liberation car je viens de comprendre ce qui me gache la vie depuis de nombreuses années, j'ai trouver le "pourquoi" et je pense que c'est deja un très bon début pour avancer vers des horizons meilleurs;
j'ai compris egalement qu'un fort manque de confiance en nous résulte également ce carnage, ce manque d'affection qui nous pousse à nous faire abandonner alors que c'est justement ce que l'on craint....Mon mari s'est accroché à moi malgrès mes rejets, aujourd'hui je me dis que j'ai une chance inouie d'etre heureuse en amour, d'avoir une famille unie, seule mes relation savec le monde exterieur en souffre, quand je suis dans ma bulle je me sens enfin en securité, mais le monde exterieur me terrorise, je n'ai plus d'amie, je les ai tous perdue...j'ai des relations très difficle avec les autres je me sens incomprise, j'ai l'impression que l'on me percoit comme un monstre, alors que je sais qu'au fond c'est une carapace, je ne suis pas comme ca mais personne d'autre que mon mari n'a encore reussi à la percer... je pense qu'il ne faut pas culpabiliser car il y a une partie que l'on ne peut maitriser surtout quand on a pas conscience de ce démon qui est à l'interieur de nous, comment pourrais t on s'en vouloir et en vouloir aux autres de ne pas nous comprendre... impuissance, incomprehension, maitrise de rien, meme pas de soi, pleurs, tristesse, souffrance.... tant de mot que je veux rayer de ma vie, de mon moi intérieur, comme si sommeillé en moi un vilain monstre qui sort les griffes quand il se sent agressé par l'amour ou la peur... tirailler entre l'amour et la haine, la joie les peines, le coeur et la raison; c'est une grosse confusion generale , on se cherche, on ne se trouve pas, on s'aime et se deteste...aimer rejeter haie, le mot que j'ai pu en retenir c'est je te HaiMe !
reprendre confiance en soi, cesser de douter, ne plus culpabiliser, se faire aider, essayer d'avoir confiance aux autres, prendre le temps, ne pas agir sous les emotions, etre moins spontanée car ca joue des tours ! voilà un programme bien chargée, mais je sais que j'y arriverai maintenant ! merci pour vos témoignages, merci pour ce document bien utile :) Bien à vous, cordialement, Sabrina 28 ans

Bonjour, J'ai 36 ans. J'ai

Bonjour,

J'ai 36 ans. J'ai appris, par hasard, il y a deux ans que j'avais été adoptée. Mes parents me l'ont caché pendant toutes ces années pensant m'épargner quelques souffrances. Que les choses soient claires, je ne leur en veux pas pour le moins du monde, je ne les aime que plus, si celà est possible.
Je comprends aujourd'hui pourquoi je souffre, pourquoi j'ai peur qu'il arrive quelque chose aux miens.
J'ai été une enfant couvée, surprotégée toute mon enfance car j'étais une enfant fragile aux multiples problèmes de santé.
J'avais une relation fusionnelle avec ma mère (adoptive). J'avais 23 ans elle est morte, après une longue et difficile maladie. J'ai vécu l'enfer pendant 10 ans avec un sentiment de culpabilité que je dois à une infirmière qui soignait ma mère. Pour faire simple, ce personnel "soignant" m'a clairement dit que si ma mère avait développé un cancer généralisé c'était parce qu'elle s'était fait du souci suite à une intervention chirurgicale que j'avais subi par le passé et consécutivement à laquelle j'avais eu de graves complications.
J'ai vécu 10 ans avec ce fardeau sans oser en parler, avant d'éclater et de sombrer dans la dépression après une TS (j'avais à l'époque trouvé refuge dans l'alcool, seul remède capable d'atténuer ma souffrance).
Cinq ans après la mort de ma mère, j'ai perdu mon oncle (son frère), que j'adorais et avec lequel j'était très complice, surtout après la mort de ma mère qui nous avait rapprochés.
Depuis j'ai suivi une thérapie. Mais les angoisses de séparation sont toujours là, il ne me reste que mon père (âgé) et ma marraine qui joue le rôle de deuxième maman et avec qui aussi j'ai une relation fusionnelle.
Je n'ai connu que deux histoires d'amour. J'ai rompu chaque fois la première pour éviter que l'autre ne le fasse et ne me fasse souffrir. De toutes façons mon second "amour" disait que je l'étouffais car je lui demandais sans cesse si il m'aimait... Il n'était pas du genre démonstratif et cette attitude ne me convenait pas, car trop d'insécurité, trop d'incertitude.
J'ai renoncé aujourd'hui à chercher une "moitié" et préfère me consacrer à aimer du mieux que je peux mon père et ma marraine et surtout à essayer de leur faire oublier les tourments que je leur ai fait endurer par le passé.
Je ne veux me consacrer qu'à eux (et à mon chien, c'est idiot mais cet animal fait partie intégrante de ma vie).
Ils passent avant ma propre vie, je nourris un sentiment de gratitude envers eux de m'avoir sortie de la DDASS, qu'aurait été ma vie sans eux?
Ils sont les repères dont j'ai besoin pour vivre, qui sont indispensables à ma vie et aux sentiments de sécurité et de stabilité, vitaux pour moi.
J'ai aussi appris qu'il ne fallait pas "s'attacher" aux collègues de travail, car trop aléatoire.Le turn over est important là où je travaille et, cette année, le départ d'une collègue appelée à d'autres fonctions, pourtant au sein même du service, me perturbe énormément.

Je ne sais pas si je souffre d'abandonnisme mais il y a des jours où l'angoisse est intolérable, où je suis au bord des larmes à la moindre contrariété. Au fil des ans, j'ai essayé de me forger une carapace, mais "jouer à la dure" me pousse parfois à me montrer impulsive et agressive envers les autres, ce que je regrette toujours immédiatement après. Je ne veux surtout pas faire de mal quiconque surtout pas à ceux que j'aime. Il y a des fois où, en employant un langage imagé, je préfèrerais retourner le couteau contre moi que contre les autres.

Voilà, c'est mon petit témoignage, sans doute une petite goutte comparé à d'autres,

Une pensée amicale à tous ceux qui souffrent.

Bonjour, Je me permets de

Bonjour,

Je me permets de vous faire part de ma réaction à la lecture de votre article.
Il formule avec une précision quasi cruelle les angoisses qui caractérisent mes relations aux autres. Et dont j'ai pris conscience il y a peu de temps.
J'ai 30 ans. Je suis une femme. Et mes souvenirs, des plus anciens aux plus récents, sont faits de ce rapport unique, celui qui aboutit à l'abandon, redouté ou réel, sinon les deux.
Qu'il s'agisse de relations d'amitié ou amoureuses. L'abandon est ma planète. Je suis l'abandonnable, l'abandonnée et aussi l'abandonneuse. Je n'en sors pas. Pas mal de proches se sont éloignés, déroutés par ces réactions. Ou bien je les ai moi-même "bannis", ne supportant pas la disproportion de mes attentes et pour éviter de me sentir monstre. Du coup, je connais la solitude sous tous ses reliefs. J'ai l'impression d'en avoir fait un univers singulier et riche. Il m'arrive souvent d'en prendre la pose, pour me justifier. Mais je n'y aspire pas vraiment. La solitude est là pour éloigner tout danger. Elle est aussi là pour me rappeler un statut d'infirme en matière de relation humaine. J'ai des amis, mais c'est à peine si j'ose les voir quand je ne vais pas bien, de peur de les effrayer.

J'ai une soeur aînée qui procède dans ses relations de la même manière. Elle est comme un miroir déroutant car je suis très critique à son égard. Notre père est parti quand nous avions 12 et 16 ans. Et notre mère est décédée il y a 3 ans. Mais dans votre article, il est écrit que ce genre de comportement est lié à la petite enfance. Notre mère n'a pas eu une enfance heureuse. Et notre père a sans doute aggravé son insécurité. Jeune, elle était paraît-il très timide et jalouse aussi.
C'est depuis son décès que la chose m'est apparue de façon soudain évidente, ancienne et urgente à traiter. J'en pleure beaucoup. De dépit. Et parce que je réalise que je ne pourrai pas supporter ce constat trop longtemps. Car dès qu'une relation prend de l'importance, l'angoisse s'installe. Le regard de l'autre se met à changer. Je n'ai plus de contenu sinon l'angoisse. Et invariablement, j'en sors vidée, seule, avec le sentiment d'être un peu toxique.
Ma dernière relation amoureuse, qui a duré 2 ans et demi, a été de ce point de vue une réelle torture puisque j'ai craint des mois durant d'être abandonnée par un homme que je n'aimais finalement même plus.

J'aimerais savoir de quelle manière sortir de ce cercle vicieux. Je connais mal le milieu psy, les traitements ou les approches différentes. Je ne sais pas trop vers qui me tourner. Je veux vraiment envisager l'avenir différemment.

Merci pour votre réponse
Et bon courage à tou(te)s

Bonjour, C'est vrai qu'il y

Bonjour,

C'est vrai qu'il y a moyen de s'y perdre parmi toutes les possibilités "psy" offertes à l'heure actuelle dans notre société. En clair, on pourrait dire qu'il y en gros, les thérapies psychanalytiques (vous trouverez des détails concernant cette approche sur ce site), les thérapies cognitivo-comportementales (plus d'infos sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychothérapie_cognitivo-comportementale) et les thérapies systémiques (http://www.lepsychologue.be/articles/therapies-familiales-systemiques.php). Comme je l'ai indiqué dans une précédente réponse, dans le cas de l'abandonnisme, je vous conseillerais l'approche analytique. Je ne critique pas les autres thérapies mais dans cette problématique, l'analyse du passé est importante, il faut "remonter" dans les souvenirs et surtout dans les impressions, les fantaisies imaginaires que vous aviez étant enfant, les rêves, ... et il n'y a que ces thérapies qui, à ma connaissance, propose et encourage ce genre d'introspection.

Cordialement,
PManbour

Bonjour, Juste apporter mon

Bonjour,

Juste apporter mon témoignage d'abandonnique de 42 ans.
Je me suis reconnue comme telle il-y-a un peu plus de deux ans, en cherchant tout ce qui pouvait m'aider à surmonter ce problème qui entravait sérieusement mon quotidien. Je connaissais la cause qui datait de ma première année d'existence (disparition brutale des parents pendant plus d'un mois et placement dans une famille inconnue à ce moment-là, séparée de mon frère), restait à trouver la solution. Bien sur, elle n'existe pas. Mais le fait de reconnaître une pathologie identifiée comme telle est un début qui permet un échange avec mon compagnon, rencontré quelques mois plus tôt. La compréhension désamorce temporairement le processus si celui qui est en face est capable de comprendre qu'il n'est pas remis en cause. Mais j'ai bien compris aussi que la plus grande part de travail doit émaner de moi ; et la difficulté tient au fait que c'est un combat permanent avec soi-même : il s'agit de " reconnaître " les situations qui déclenchent la souffrance. Pouvoir ensuite se dire que c'est l'enfant qui a mal et non l'adulte que je suis aujourd'hui. Et se taire. Oui, se taire ; ravaler l'agressivité qui ne demande qu'à déborder de soi. Ou ravaler un Nième " tu m'aimes ? " Non, ce n'est pas simple. C'est épuisant. Mais lorsque j'ai réussi à surmonter l'obstacle sans que mon compagnon ne s'en rende compte, alors c'est une petite victoire sur moi-même. Parfois, comme en ce moment, je lutte beaucoup ; c'est une violence faite à soi-même contre une autre violence qui pourrait avoir des conséquences destructrices sur le couple. J'ai tellement lutté, que ce matin il fallait que quelque chose sorte de moi. Sans violence ; ma voix a vibré un peu parce que je luttais encore. Mon compagnon, qui ne distribue pas les mots doux à tour de bras m'a dit : " je t'aime ". Une vraie " récompense " puisque cette preuve d'amour-là, je ne l'avais pas quémandée.
Bien sur, je me fais aider ; et comme il est nécessaire que chacun puisse choisir la thérapie qui lui convient le mieux, le hasard et l'expérience ensuite, m'ont fait opter pour l'étiopathie lorsque je sens que j'ai besoin d'un (gros) coup de pouce.
Rien n'est acquis donc. Mais juste vous dire que mes minuscules victoires me donnent l'impression d'un peu de liberté gagnée sur... moi-même. Bon courage à tous.

Merci! Votre formulation des

Merci! Votre formulation des "petites victoires à acquérir sur soi-même" , votre reconnaissance de ce combat quotidien, de la prison qu'on peut être pour soi-même est pour moi un beau message d'espoir! Etant une fois de plus en "crise", je suis tombée sur cette page en tapant un peu au hasard le mot "abandonnique" que j'avais pêché je ne sais où- découvrant qu'il ne m'était pas resté en tête pour rien! A 34 ans, je viens de comprendre en vous lisant, que ce sentiment d'être handicapée de l'intérieur et de manquer d'un axe propre (comme si la colonne vertébrale était manquante!) signale vraiment quelque chose et ça fait du bien tout simplement. Votre témoignage m'aidera à être plus forte! Merci encore et sachez qu'en réalité ces petites victoires font de vous une héroinne!

Bonjour, J'ai bientôt 41

Bonjour,

J'ai bientôt 41 ans... le temps passe.
Pour ma part, ma névrose d'abandon est consciente depuis quelques années mais je vais doucement à voir l'ensemble des micromécanismes qui se mettent en place, surtout dans le rapport amoureux.
J'ai effectivement été une petite fille laissée chez sa grand mère dès le plus jeune âge durant les 8 premiers mois et je pense n'avoir pas pu intégrer que je n'étais pas réellement abandonnée afféctivement mais délaissée physiquement pour des raisons matérielles complexes. J'étais pourtant entourée d'amour.
Ceci étant, je comprends aujourd'hui combien tout ça me gâche la vie et enfin je vois comment je procède pour auto-détruire ce qui m'inquiète.
Depuis un an, j'ai rencontré quelqu'un, intermittent du spectacle. De fait, par son côté artiste et par son métier, je suis confrontée à une mise à distance réelle à laquelle s'ajoute mon besoin irrépréscible d'accélérer les choses, détruisant doucement le naturel.
Votre témoignage m'a beaucoup touché car il m'offre la possibilité de positiviter chacun de mes silences d'angoisse alors que j'ai toujours envie de dire combien je trouve douloureux tout ce que j'appelle "ses" mises à distance.
Chaque contre temps est pour moi objet d'angoisse et de douleur, traduit comme une non envie de me voir ou d'être avec moi, comme un rejet qui me dévalorise alors même qu'intelléctuellement je comprends la chose possible et réalisable. Je me sens submergée et en lutte constante. c'est douloureux, usant et destructeur...
Pour ma part, j'ai travaillé avec une psychologue, puis me trouvant déjà excessivement dans le mental, j'ai choisi des médecines parallèles...
Ceci étant, c'est une conscience qui demande tellement de présence pour ne pas détruire que je me sens fatiguée...
Je suis simplement soulagée aujourd'hui de voir que je ne délire pas dans la notion de douleur et d'effort à fournir et que je crois être sur le bon chemin même si je demande parfois s'il est possible de résoudre ce genre de névrose.
merci à vous de votre témoignage.

Bonjour, je viens de lire

Bonjour,
je viens de lire votre article qui aujourd'hui me fait doublement écho. Je suis actuellement en relation avec un homme (ou un petit garçon, je ne saurais dire…) qui est très clairement atteint d'abandonnisme. C'est mon psy qui m'a fait découvrir ce terme pour le caractériser. C'est donc une relation difficile, car il me met à l'épreuve en permanence en m'imposant ses exs et m'expliquant ce lien indestructible qu'il a avec elles. J'ai conscience que je suis la seule à pouvoir décider d'être patiente ou non. C'est un choix que je n'arrive pas encore à faire même si je sais que je ne veux pas souffrir…
Mais ce qui m'interpelle encore plus en lisant votre article, c'est que je me reconnais également sur certains points. Mon psy que je suis initialement allée voir pour régler mes problèmes de fuite permanente et de sensation d'étouffement avec les hommes, m'a également fait remarqué que j'avais choisi d'aimer quelqu'un qui tous comptes faits me ressemblait. Aujourd'hui je pense avoir évolué et j'ai beaucoup moins peur dans mes relations, je me sens plus confiante et j'ai le désir de construire au lieu de déconstruire. Cependant, je reconnais des symptomes qui me sont propres dans l'abandonnisme que vous décrivez. Hors, j'ai eu une mère plutot étouffante et sur-aimante qu'"abandonnante", comment un phénomène d'anbonnisme peut-il alors se mettre en place dans ce cas de figure ? Merci de votre réponse

Bonjour, Etant en vacances,

Bonjour,

Etant en vacances, je n'ai pas pu vous répondre plus tôt. L'abandonnisme et surtout son symptôme prédominant, l'angoisse d'abandon, n'est pas directement lié à l'absence ou l'abandon réel de la mère mais plutôt à une "fausse-présence" maternelle, elle est là sans l'être, absorbée par ses propres problèmes, elle s'occupe de son enfant à la manière d'un robot. L'enfant n'est pas présent dans le désir de sa mère qui n'en a pas toujours conscience d'ailleurs.
Il arrive aussi que la mère, elle-même angoissée, se sente incapable de se séparer de son enfant qu'elle surprotège, celui-ci devient alors le support de l'intégrité, voire de l'existence de sa mère. Il ressent que sa mère, malgré les apparences, est absorbée par son angoisse et n'est pas vraiment disponible pour lui en tant que mère, pour le soutenir, il se sent alors abandonné.

Je vous engage à lire, pour de plus amples détails, les chapitres concernant la notion de dépendance et d'angoisse d'abandon.

Cordialement,
PManbour

Bonjour, Une histoire «

Bonjour,

Une histoire « banale » d’abandonnisme dans le couple et de ses conséquences…

Juste un témoignage à apporter. Après avoir vécu 13 ans avec mon compagnon, nous nous sommes mariés il y a exactement 1 an. Nous avons un fils qui aura bientôt 7 ans.

Avant le mariage, la relation était déjà difficile pour moi, mais je pensais que son comportement d'échec permanent (sur le plan professionnel et financier) était dû à la malchance et à sa "trop grande gentillesse", qui le poussait à faire l'objet d'escroqueries diverses et à travailler "à l'oeil" pour bien des gens qui "oubliaient" de le rémunérer ou qui le rémunéraient très en dessous de la valeur de son travail. Par ailleurs, il était très laxiste avec tout le monde : sa famille, ses partenaires professionnels, son fils, les tâches administratives... Et sa relation à l'argent problématique : incapacité à réclamer son dû et comportement timoré, le portant par exemple à acheter de l'essence par tranches de 10€ pour sa voiture, au lieu de faire le plein quand le réservoir est vide... Cette forme de "radinisme" lui faisant perdre énormément d'argent : il ne pensait pas à ce que lui coûtaient les déplacements répétés jusqu'à la station service, aux majorations dues à ses retards de paiement… Autre exemple : il se fâchait quand je faisais les courses du mois en « hard discount » pour un montant parfois supérieur à 100€, ce qui lui semblait une somme colossale, alors je limitais mes factures de courses et bien évidemment, il manquait toujours quelque chose qu’il allait chercher à la dernière minute à l’épicerie du coin, qui pratiquait des prix exorbitants… La gestion matérielle était vraiment problématique avec lui.

Par ailleurs, il avait une relation erronée à sa mère : une femme qui ne communique que de façon biaisée, tyrannique, sous des dehors doucereux. Je m’étais souvent énervée face à sa servilité vis-à-vis de sa mère (que je pense elle-même abandonnique). Cette femme tendait à confondre amour maternel et inquiétude, attention à l’enfant avec soins médicaux… Et avait par ailleurs une tendance marquée à la mythomanie, aux mensonges, avec des réactions très agressives dès lors qu’on la mettait face à ses propres contradictions. Inutile de dire que face à elle, ses enfants n’avaient d’autre choix que d’obtempérer et de tout lui céder. Elle-même ayant, pour ses enfants, l’aura d’une femme victime, délaissée par son mari, ce qui lui donnait un pouvoir certain sur son entourage. J’avais souvent vu cette femme railler son fils par une multitude de sarcasmes, déguisés sous un humour fin, mais néanmoins très destructeur pour lui. Autre aspect comportemental chez cette femme : une haine et un mépris pour le genre masculin, qui la portait à dénigrer perpétuellement les hommes et les garçons. Raison pour laquelle je surveille de très près tout ce qu’elle peut dire en présence de notre fils, afin d’apporter des rectifications quand celle-ci dénigre les garçons et leur sexe (blagues continuelles relatives à la castration de « tout ce qui dépasse »).

Autre détail important : ses parents (séparés depuis de longues années), se vantaient d’avoir laissé leurs enfants pleurer lorsqu’ils étaient nourrissons : « il suffit de les faire dormir dans une chambre à l’autre bout de la maison, comme ça on n’est pas importunés et ça leur forge le caractère » (ceci dit en substance par le père, mais aussi un peu par la mère au début, mais nettement moins ensuite, lorsqu’elle est devenue grand-mère de ses deux petites filles).

Sexuellement, l’attitude de mon compagnon a toujours été la même : attend d’être sollicité mais ne sollicite jamais. Ce qui m’a toujours peinée et dévalorisée dans mon identité féminine. Comment se sentir aimée et désirée dans ce contexte ?

Je m’aperçois qu’au fil du temps, je m’étais résignée à subir tout cela, m’étant révoltée un peu au début, mais n’ayant jamais réussi à obtenir la moindre amélioration. Progressivement aussi, ma santé physique en a pris un coup (somatisations, fatigue générale… alors que je tenais bien le coup psychologiquement, mais à quel prix ?).

Après la naissance de notre fils, non seulement il continuait d’attendre que je le sollicite, mais la plupart de mes sollicitations se voyaient opposer des refus. Mon état de fatigue physique et nerveuse s’est aggravé. J’ai commencé par prendre du poids de façon excessive, puis ce fut le contraire : amaigrissement, perte d’appétit, épuisement.

Et je continuais de croire que son comportement était de la faute à « pas de chance »… Je le soutenais, je le portais à bout de bras, j’avais confiance en lui et je perdais de plus en plus confiance en moi.

Il y a deux ans, suite à ses déboires professionnels et financiers, et moi me trouvant dans une situation professionnelle difficile (pas pu remettre le pied à l’étrier suite à la naissance de notre fils), nous avions décidé de quitter la région où nous vivions pour aller nous installer à 600km, dans une région où l’immobilier locatif étant moins onéreux, nous pourrions nous loger pour moins cher (je suis artiste et j’ai besoin d’un atelier pour exercer, ce à quoi je ne pouvais accéder dans la région où nous vivions).

Nous sommes donc arrivés il y a un an ½ dans notre nouvelle région, logés dans un premier temps par ma famille durant 4 mois. Puis, nous nous sommes mariés (toujours logés dans la famille, dans un petit village « hors du monde ») et avons très rapidement trouvé une maison à louer à proximité de son lieu de travail. J’allais enfin avoir mon atelier pour rebondir professionnellement, chose que j’attendais depuis plus d’une décennie. Mon rêve professionnel allait enfin se réaliser.

Le jour même de notre déménagement, il m’a annoncé avoir une liaison avec une femme rencontrée sur son lieu de travail peu avant notre mariage (elle lui aurait déclaré sa passion pour lui quelques jours avant le mariage et leurs premières relations sexuelles auraient eu lieu dans les semaines qui suivirent). Au fil de nos conversations, j’ai appris que leur relation était basée sur le dénigrement des conjoints respectifs : elle se plaignant de son compagnon artiste « qui ne travaillait pas et ne gagnait pas sa vie », lui se plaignant de moi : artiste qui « refusait de travailler », selon ses dires.

J’ai découvert qu’il colportait auprès de tout son relationnel que sa femme refusait de travailler et vivait à ses crochets. Les gens lui faisant spontanément confiance, il lui était facile de se rallier la sympathie de tous. Dès que nous fûmes mariés, cela s’est aggravé et il a intensifié son discours dévalorisant à mon sujet.

Son « amie » (probablement abandonnique elle aussi), après deux relations sexuelles avec lui, aurait exigé qu’il se sépare de moi pour la rejoindre, mais elle ne voulait pas non plus vivre avec lui sous le même toit, lui proposant de vivre dans un studio à sa disposition.

Il s’est retrouvé dans une situation inextricable de double relation et de double contrainte aussi : son amie exigeant qu’il quitte sa femme pour elle, mais sans vouloir vivre avec lui.

Depuis un an, il a cumulé trahisons, mensonges, fuites, harcèlement, violences verbales et même physiques à deux reprises, tout en étant incapable de me quitter, ni de quitter son amie.

Il est allé jusqu’à s’investir dans un projet professionnel avec elle, alors qu’il savait que ce projet me tenait à cœur et que je souhaitais depuis des années travailler avec lui sur un projet similaire. Il a travaillé pour elle et, bien sûr, elle ne l’a jamais payé.

Je l’ai laissé partir vivre chez elle pendant un mois, car elle voulait « essayer » de vivre un peu avec lui, mais au bout de 3 semaines, elle l’a congédié, ne supportant pas la vie à deux sous le même toit et après lui avoir dit qu’il n’aurait « aucune classe »…

A chaque fois que je lui ai demandé ce qu’il pouvait bien trouver d’intéressant à cette femme, il était rigoureusement incapable de lui trouver la moindre qualité humaine, sinon qu’elle serait « douée pour les affaires » et potentiellement héritière d’un gros patrimoine. Hormis cela, toutes les informations qu’il m’a livrées à son sujet sont plutôt peu flatteuses.

Ce que j’ai entrevu dans ses propos, c’est qu’il avait choisi cette femme pour me « punir » parce que je ne gagne pas d’argent, et tenter de faire pression sur moi pour me forcer à accepter un emploi salarié dans des domaines ne relevant pas de mes compétences. Récemment, il a fini par me le dire clairement : il a instrumentalisé cette femme uniquement dans le but de me forcer à me plier à ses exigences démesurées (j’ai des compétences dans des secteurs professionnels en grande difficulté actuellement, donc aucun espoir de trouver un emploi salarié). J’ai donc dû essuyer des injonctions du type « tu n’as qu’à faire du secrétariat » ou « va faire des ménages ! »… Alors que j’étais enseignante dans le privé supérieur ! Donc désir évident de m’humilier.

Autres injonctions de sa part : « oublie-moi ! », « il faut que tu cesses de m’aimer », « tu m’aimes trop », « tu es trop bien pour moi », « trouve-toi un autre mec à aimer », « cherche-toi un jules qui a du pognon »… etc.

Il s’est inventé une nouvelle identité d’ascète sexuel, prétendant qu’il avait trouvé chaussure à son pied avec l’autre femme, elle-même étant (selon lui) plutôt abstinente et indifférente sexuellement. Il m’a confié apprécier sa compagnie car elle se présente comme « n’ayant besoin de personne » et « capable de dire merde aux mecs »… Une amazone (comme sa propre sœur, éduquée par sa mère à n’avoir pas besoin des hommes). Ce qui, à ses yeux, représente une grande qualité féminine (!).

Autre détail important ayant accompagné tout ce processus : son père est tombé malade d’un cancer au moment de notre changement de région, puis il est mort 6 mois après notre mariage. Dès qu’il a appris que son père était condamné par la maladie, il a brusquement cessé d’aduler sa mère pour se mettre à aduler son père (un homme extrêmement cynique et machiste). Donc en quittant son attachement à sa mère, il s’est mis à me traiter un peu comme la face sombre de sa mère, me harcelant et me maltraitant, comme s’il se vengeait sur moi de ce que sa mère aurait pu lui faire subir dans son enfance.

Je viens de passer un an à lutter pour l’aider à comprendre en quoi son comportement était anormal, pathologique et en quoi sa relation avec son « amie » était malsaine, biaisée… Sans aucun succès. Il s’est totalement enfoncé dans l’échec avec elle et surtout avec lui-même.

Nous sommes actuellement en train de divorcer.

Il a raconté à qui veut l’entendre qu’il veut divorcer de moi pour me « reconquérir » ensuite (édifiant mais réel !).

Maintenant que je me détache affectivement de lui et que je ne cherche plus à lui montrer que je l’aime, que je veux le garder près de moi et que je souhaite au plus vite m’envoler vers d’autres horizons. Il se montre de nouveau amoureux (je garde la tête froide !) et totalement désemparé à l’idée de se retrouver seul.

Il semble que sa relation à son amie se soit délitée, espacée, voire détruite (impossible de savoir mais c’est mon impression). Il se retrouve donc seul au monde.

Il dit vouloir vivre seul, que la vie de couple n’est pas pour lui… Mais il n’arrive pas à partir.

Je le vois s’enfoncer dans quelque chose de très noir pour lui, mais je ne peux rien faire pour l’aider, sinon lui conseiller une psychothérapie. J’espère qu’il le fera. J’invoque son fils pour le motiver (car il n’a aucune motivation pour lui-même), lui disant que son fils a besoin d’un père fort et « bien dans sa peau » pour devenir à son tour un adulte.

Notre fils souffre lui aussi : c’est un enfant tyrannique. L’image bien connue de « l’enfant Roi » : son père lui cède tout, le surprotège, lui paie tout ce qu’il veut… Et notre fils le tyrannise en retour, exige, trépigne… J’attends que son père soit parti pour reprendre en main certains aspects de la vie quotidienne car je ne suis pas disposée à me laisser faire comme son père. En attendant son départ, ma marge de manœuvre est faible : je n’ai pas le droit de réprimander notre fils pour quoi que ce soit. Exemple, s’il me demande quelque chose, il oublie systématiquement la formule de politesse et aboie ses ordres. Je ne me laisse pas faire et exige qu’il reformule correctement. Si son père est là, je me fait réprimander devant notre fils et accuser d’être une « mauvaise mère » trop autoritaire. Un « s’il te plait »… C’est la moindre des choses, mais selon mon mari, ce serait de la maltraitance que de l’exiger.

Dans ce contexte, je n’ai pas d’autre choix que « d’abandonner » mon mari.

Le pire, c’est qu’il semble que ça marche : il n’a jamais été aussi attentionné à mon égard que depuis que je l’abandonne en m’engageant dans le divorce.

Récemment, il est redevenu violent relationnellement, quand il a appris que le divorce lui ferait perdre plus d’argent que le maintien du mariage et de la vie commune. Pourtant, c’est bien lui qui a voulu divorcer le premier pensant qu’il gagnerait en confort matériel s’il se déchargeait du « fardeau financier » que je représenterais pour lui. L’obscurcissement de son entendement l’ayant empêché d’aborder les choses avec pragmatisme. Or il se présente comme l’élément pragmatique du couple, moi, l’artiste donc obligatoirement présentée comme écervelée dépourvue de sens des réalités : image qu’il a copieusement colportée à mon sujet… Tout cela se retourne contre lui.

J’ai encore de la tendresse et de l’affection pour lui, de l’amour c’est certain. Mais j’ai bien compris que toute relation de couple avec lui est destructrice et qu’il faut vite que je sauve ma peau. Cette année de lutte m’a épuisée, j’ai fait une grosse dépression, j’ai failli me suicider à plusieurs reprises et la perte d’appétit a fait de moi un squelette ambulant. En supposant même que j’accepte de travailler en salariée, comme il l’exigeait de moi, je ne serais pas en état physique et si je l’étais, je serais depuis 1 an en arrêt maladie. Là aussi il a échoué, totalement. S’il avait vraiment voulu que je gagne de l’argent dans un emploi salarié, il aurait fallu qu’il prenne soin de moi et de ma santé, or il a fait tout le contraire.

Ce qui est usant aussi, c’est l’absurdité totale des comportements : quelqu’un qui veut se détruire est impossible à raisonner de façon logique. Tous mes discours, tous mes écrits à lui, visaient à le raisonner, à lui démontrer de façon logique qu’il courait à la catastrophe, mais rien n’y a fait. C’est très destructeur d’avoir face à soi quelqu’un qui se comporte de façon totalement irrationnelle. J’ai aussi quelques amies qui ont tenté de le raisonner, mais rien n’y a fait : face à elles, il a fait semblant d’être d’accord, puis dès que ces personnes n’étaient plus dans son champ sensoriel, il faisait tout le contraire de ce qu’il semblait comprendre auparavant.

Je lui ai conseillé avec insistance de s’engager dans une psychothérapie après notre séparation. J’espère qu’il le fera, car j’ai des craintes que son comportement destructeur ne le pousse jusqu’au suicide. Mais je dois par ailleurs ne pas entrer dans cette peur, car lui-même confondant amour avec inquiétude… C’est un cercle vicieux.

Je n’ai vraiment d’autre solution que de l’abandonner totalement et radicalement si je ne veux plus souffrir de son comportement, de même que peut-être que cet abandon de ma part, le forcera à se prendre enfin en charge psychologiquement : c’est quitte ou double, je prends le risque. Soit ça le tue, soit ça le boostera.

Lourde responsabilité pour moi : notre fils a besoin de son père et si son père se « fout en l’air » suite à cet abandon provoqué, il sera facile pour lui et pour le « reste du monde » de me tancer en tant que coupable de sa destruction.

Quoiqu’on fasse, on a le mauvais rôle avec un abandonnique.

Merci d’avoir bien voulu lire ce témoignage un peu long.

Ouf c'est dur, moi aussi je

Ouf c'est dur, moi aussi je vis depuis 15 ans avec un abandonnique qui m'a aussi frappée, trompée, insultée etc. Je ne sais pas si il est possible de construire encore quelque chose. Mon coeur de me dit de fuir car c'est épuisant.

Même si ce témoignage

Même si ce témoignage "date" un peu, un grand merci pour cette analyse. Vous avez l'air tellement forte, savoir garder la tête froide comme vous le faite force le respect.
Encore merci,

Une lectrice.

bonjour, j'ai 36 ans et je

bonjour,
j'ai 36 ans et je suis un adulte abandonnique. En analyse depuis 6 ans, c'est la semaine dernière que mon analyste à formulé verbalement le mot "abandonnique". Mot que je n'avais jamais entendu auparavant. J'ai immédiatement cherché sur le web tout ce qui avait attrait à l'abandonnisme. Et même si je ne suis pas au bout de mes peines, je peux désormais regrouper sous un seul et même terme toutes ces choses, ces débordements, ces crises déraisonnées et spectaculaires, ces paranoïas d'infidélité douloureuses et tellement épuisantes que j'inflige à mes partenaires depuis 15 ans avec pour conséquence de les rendre en fin de compte infidèles, de les mettre dans une situation de culpabilité et de responsabilité et la justification pour moi de les quitter sans parler de cette non-valorisation de ma personne, ce déni de moi-même, présent à longueur de temps et qui cependant ne fait son apparition que de temps à autre, histoire de vous mettre un peu plus la tête sous l'eau quand on en avait pas vraiment besoin.
Je ne viens pas chercher ici des conseils, je le ferai avec mon psy la semaine prochaine. Mais je souhaite seulement dire une chose, partager une expérience. c'est pendant ma dernière relation qui vient de se finir que j'ai réussi à "redescendre" assez vite après chaque déraillage, après chaque pétage de plomb intérieur et à analyser ce qui venait de se passer. Bien sûr, il m'a quitté, effrayé par la "pression" (et je reste soft ;-) que je lui collais par moment et qui semblait venir de nulle part, mais cette courte et intense histoire, si triste que soit sa fin, m'a fait avancer. Il est difficile d'anticiper nos réactions d'angoisse et de peur panique, mais elles restent somme toute les même d'une relation à une autre. On peut donc se dire que ça va recommencer et que nous possédons certains mécanismes, peut-être pas pour toutes les éviter mais en tout cas les atténuer et ne pas les rendre rédhibitoires chez l'autre et surtout qu'elles stoppent cette douleur qu'on doit supporter. On se connaît assez pour savoir quels artifices on utilise pour faire nos demandes d'amour exagérées. C'est assez terrible de se dire qu'à l'avenir, je devrais entre guillemets me mettre sous haute surveillance avec quelqu'un, ce qui va à l'encontre de se lâcher complètement dans l'amour, mais si cela doit être une des denrées de ma recette intérieure, j'en prends mon parti et je l'accepte. Et surtout, j'ai envie d'y croire car aimer et être aimé en retour, c'est pour moi la chose la plus épuisante affectivement et psychologiquement qui soit mais c'est aussi et surtout, la plus belle.
bon courage à tous et à toutes, abandonniques ou pas.

Je comprends très bien

Je comprends très bien quand tu dis qu'aimer est la chose la plus épuisante affectivement et psychologiquement, même si l'amour reste la plus belle chose au monde, effectivement.
Pour ma part, il est très difficile de passer beaucoup de temps avec l'autre au début, j'étouffe.
Je me permets de te répondre car je pense être une adulte "abandonnique", moi aussi, et c'est très difficile à vivre car toute relation qui débute laisse la place au doute, à l'angoisse, la peur d'être soi-même, et en général je ne tarde pas à y mettre un terme au moindre sentiment de rejet.
J'ai eu une mère très perturbée affectivement, elle-même abandonnique, qui m'a malmené dans ses attitudes ambivalentes, insécurisantes. Très nerveuse, elle m'a dessiné le monde extérieur comme quelquechose de dangereux. J'ai beaucoup de mal à pardonner, mais il n'y a pas d'autre chemin possible à la guérison ..
je terminerai là, même si j'aurais encore beaucoup de choses à dire au sujet de cette "névrose abandonnique" qui a mis en échec ma vie affective.

Bonjour, J'aimerais savoir

Bonjour,

J'aimerais savoir si une personne abandonnique peut dépasser ce stade et ne plus ressentir cet état d'angoisse en permanence ou si il s'agit juste à travers les thérapies de diminuer l'intensité de cette angoisse.

Merci d'avance pour votre réponse

ISABELLA

Bonjour, Au départ, la

Bonjour,

Au départ, la psychothérapie aide à gérer l'angoisse, à ne pas se laisser submerger par elle. Ensuite, au fur et à mesure du "travail", cette angoisse diminue pour finir par ne plus se montrer que sporadiquement. En définitive, cette angoisse fait toujours partie de la personne (comme c'est le cas pour tout le monde d'ailleurs) mais celle-ci la canalise et elle ne surgit que lorsque le sujet est "dépassé par les évènements", en cas de problème inopiné par exemple. Cependant, comme cette personne aura appris à connaître et à maîtriser cette angoisse par son travail sur elle-même, elle pourra de nouveau y faire face, ne pas se laisser déborder et analyser, plus calmement, le problème.

Cordialement,
PManbour

Bonjour! Je crois que mon

Bonjour!
Je crois que mon (ex) copain est abandonnique. Nous nous sommes séparés après deux ans et demi d'une relation vraiment profonde et vraie. Il y a quelques temps il commencait à se sentir étouffer dans notre relation (il a arrêté de prendre des drogues pour moi en partie et a perdu tous ses amis, il a également déménagé en suisse pour vivre avec moi il y a un an et demi). Il déprimait de n'avoir plus de vie sociale et de ne voir que moi mais n'arrivait pas à prendre de distance. Je lui ai donc suggéré qu'on ne se voit pas pendant un mois, histoire qu'il soit obligé de rencontrer de nouvelles personnes et d'avoir autre chose dans sa vie que moi. Il a tenu deux semaines avant de me revoir. Il était vraiment bizarre, distant comme il n'a jamais été (il était tjs très colant, calin, à me dire je t'aime tous les 3 sec). J'ai essayé de lui demander ce qu'il n'allait pas mais il ne voulait pas me le dire. J'ai regardé dans son portable et j'ai trouvé qu'il m'avait trompé durant cette "pause" et qu'il m'en avait rien dit. Nous avons déjà eu plusieurs disputes parce que j'avais regardé son portable et il savait que j'allais le faire. Il a laissé tous les messages de cette fille et je sens que c'était un moyen pour lui de mettre un terme à notre relation sans en prendre la responsabilité. Je sais qu'il m'aime et qu'il aime notre relation. Pour moi c'est vraiment du sabotage. J'ai peur qu'il revienne vers moi en s'excusant. Peux-t-il se rendre compte tout seul de ce qui le pousse à saboter ses relations? (j'ai oublié de dire qu'il a eu une enfance où ses parents l'ont diabolisés et lui ont régulièrement dit qu'ils auraient voulu ne pas l'avoir eu). Je sens qu'il a fait ca par peur. Mais puis-je croire que la situation peut changer? Que faire s'il revient vers moi en suppliant le pardon?
Merci pour votre réponse, je sais que c'est difficile de répondre mais j'ai plus envie de souffrir comme ca même si je l'aime tellement.

Bonjour, Comme vous le dites

Bonjour,

Comme vous le dites si justement, il n'est pas facile de vous répondre car vous ne parlez pas de vous mais d'un autre qui, apparemment, ne demande pas d'aide. Je vous proposerais donc de réagir par rapport à vous-même : qu'êtes-vous prête à accepter par amour? Etiez-vous heureuse dans cette relation avant la "pause"? A vous de vous situer par rapport à ces différentes questions. Quant à votre ami, bien sûr il peut changer et se rendre compte de ce qui se passe pour lui dans cette relation, mais reste à savoir s'il est prêt à faire les démarches nécessaires à ce changement.

Cordialement,
PManbour

Les abandonniques ne

Les abandonniques ne changent jamais, leur histoire est à répétition..
(un gars abandonné par sa mère et maltraité bb par son père alcoolo.. voilà on dresse le scénario..A premire vue qlq de gentil..un personnage public charismatique, qui fait rire tout le monde, qui en rajoute un couche..)
Une relation d un peu plus d un an un soir il m en voulait et psq j avais rien de mieux à faire qu être avec lui (c était dans sa tête), il a été vers la 1er qui voulait de lui..(trouvée sur le net)

Il avait en plus des problèmes d érection et face aux autres hommes (je l ai su après) s inventait de nombreuses aventures (j espère qu il s inventait seulement)..il avait rencontré des nymphos..
A cause de ses problèmes d érection, il était certain que j avais qlq d autre pour me satisfaire.. Coté manque de confiance, c était vraiment le maximum...Le jour qui suivait une soirée ou encore une fois il avait eu des problèmes d érection, il m avait envoyé un sms et psq je n y avait pas répondu de suite, il était certain d être largué..
C était tout le temps comme ça.. Si, je ne répondais pas à un sms, il était certain "que j avais mieux à faire" ou q jt avec qlq d autre..

Un soir de réveillon au téléphone, je l ai entendu dire à son frère "elle m aurait laissé tout seul si elle avait su que j étais malade"..il avait de la m dans la tête..
Il m attribuait des intentions méchantes..
Il n avait pas le sou et psq j étaitdans un grande maison..il a commencé être complexé (par sa situation , son studio, sa voiture pourrie) sa b qui fonctionnait mal...

J ai été remplacée rapido..1 mois plus tard il vivait avec elle, Il est resté avec elle 1an (juste 1 an) et terminé..
Elle a essayé d être le contraire de moi..elle était certaine que c était un gars délaissé, pas aimé..(je suis heureuse qu elle souffre, psq à l époque, elle m avait envoyé un message "cupidon était passé par là".. ce message m avait fait vraiment mal.. Elle connaissait mon existence déjà avant ça.. elle était si sure d elle, de l amour qu'il devait lui porter... Elle avait même voulu me faire croire que envolés les problèmes d érection...)

Il est de retour sur le net, en chasse..il va trouver, il n est pas laid, grand... fauché...Un femme va encore se faire avoir..

Maintenant quand je rencontre un homme, je lui demande de me parler (juste un peu de son passé) et les hommes avec un passé trop diffcile, non merci..