En savoir plus sur le Ça, le Moi et le Surmoi

    1. Le Ça.

    2. Le Moi.

    3. Le Surmoi.

 

1. Le Ça.

 

Freud introduit ce terme dans « Le Moi et le Ça », cette notion illustre les idées de Groddeck pour qui « ce que nous appelons notre Moi se comporte dans la vie d'une façon toute passive ... nous sommes vécus par des forces inconnues et immaîtrisables ... l'homme est vécu par le Ça. » et de Nietzsche qui désigne par là « ce qu'il y a de non personnel et, pour ainsi dire, de nécessaire par nature dans notre être ». (1)

Pour Freud, le Ça est « une instance psychique première et archaïque contenant tout ce que l'être apporte en naissant, tout ce qui a été constitutionnellement déterminé et dont émanent les besoins primordiaux de l'individu ». C'est le grand réservoir de la libido, de l'énergie pulsionnelle et ses contenus, expression psychique des pulsions, sont inconscients, pour une part héréditaires et innés, pour l'autre refoulés et acquis. « Il s'emplit d'une énergie venant des pulsions, mais il n'a pas d'organisation». (2)

Il est régi par le principe du plaisir et exige la satisfaction immédiate. (1)

Lacan ajoutera que le Ça est impersonnel et qu'il jouit, « Là où Ça parle, Ça jouit et Ça sait rien ». Jouir est le savoir du rien. (3)

 

 

Sources :

1) Laplanche J., Pontalis J.-B. : « Vocabulaire de la psychanalyse »

2) Freud S. : « Le Moi et le Ça »

3) Lacan J. : « Encore »

 

 

2. Le Moi.

 

Le Moi est le médiateur qui s'efforce de tenir compte d'exigences contradictoires, il « est soumis à une triple servitude, et de ce fait est menacé par trois sortes de dangers : celui qui vient du monde extérieur, celui de la libido du Ça et celui de la sévérité du Surmoi ». (1) Il représente dans le conflit névrotique le pôle défensif de la personnalité, il met en jeu une série de mécanismes de défense, ceux-ci étant motivés par la perception d'un affect déplaisant (signal d'angoisse). (2)

Le Moi représente notre conscience mais il est pour une grande part inconscient. Freud y trouve quelque chose d'inconscient, qui se comporte exactement comme le refoulé, c'est-à-dire qui produit des effets puissants sans devenir lui même conscient et qui nécessite, pour être rendu conscient, un travail particulier. (2) Pour citer Freud : « Le Moi n'est pas séparé du Ça de façon tranchée, dans sa partie inférieure, il se mélange à lui. Mais le refoulé se mélange également avec le Ça dont il n'est qu'une partie. Le refoulé ne se sépare du Moi de façon tranchée que par les résistances de refoulement et peut communiquer avec lui par le Ça ». Le Moi est l'instance refoulante. (1)

Le Moi apparaît comme le produit d'une différenciation progressive du Ça résultant de l'influence de la réalité extérieure. Il est le représentant de la réalité, destiné à assurer une maîtrise progressive des pulsions, « il s'efforce de faire régner l'influence du monde extérieur sur le Ça et ses tendances, il cherche à mettre le principe de réalité à la place du principe de plaisir qui règne sans restriction dans le Ça ». La distinction du Moi et du Ça rejoint alors l'opposition entre la raison et la passion. (1)

 

Sources :

1) Freud S. : « Le Moi et le Ça »

2) Laplanche J., Pontalis J.-B. : « Vocabulaire de la psychanalyse »

 

3. Le Surmoi.

 

Son rôle est assimilable à celui d'un juge ou d'un censeur à l'égard du Moi. Freud met en évidence que la fonction critique qu'est le Surmoi constitue une instance qui s'est séparée du Moi et paraît le dominer. (1) La conscience morale, l'auto-observation, la formation d'idéaux sont des fonctions du Surmoi. (2)

Le Surmoi est plus proche de l'Inconscient que du Conscient. Dès que l'individu fera quelque chose qui pourrait aller à l'encontre du Surmoi, un malaise imprécis, diffus, mais terrible apparaît : l'angoisse. L'angoisse vient comme un garde-fou permettant d'éviter une situation où le sujet se mettrait en opposition avec les préceptes de son Surmoi. Le Surmoi utilise le refoulement pour réprimer les pulsions qu'il refuse et les maintenir dans l'Inconscient. De son conflit avec les désirs du Moi naissent les culpabilités. (4)

Le Surmoi est l'héritier du complexe d'Oedipe, il se constitue par intériorisation des exigences et des interdits parentaux : l'enfant, renonçant à la satisfaction de ses désirs oedipiens frappés d'interdits, transforme son investissement sur les parents en identification aux parents, il intériorise l'interdiction. (2) "L'établissement du Surmoi peut être considéré comme un cas d'identification réussie avec l'instance parentale ... Le Surmoi de l'enfant ne se forme pas à l'image des parents, mais bien à l'image du Surmoi de ceux-ci, il s'emplit du même contenu, devient le représentant de la tradition, de tous les jugements de valeur qui subsistent ainsi à travers les générations". (3) C'est donc le renoncement aux désirs amoureux et hostiles qui conduit à la formation du Surmoi. Celui-ci est également enrichi par les apports ultérieurs des exigences sociales et culturelles (éducation, religion, moralité). (2)

Pour plusieurs auteurs, l'intériorisation des interdictions est antérieure au déclin de l'Oedipe. Klein, par exemple, considère qu'il existerait, dès la phase orale, un Surmoi formé par introjection des « bons »      et « mauvais » objets et que le sadisme infantile, alors à son apogée, rendrait particulièrement cruel. (2)

 

Sources :

1) Freud S. : « Deuil et mélancolie »

2) Laplanche J., Pontalis J.-B. : « Vocabulaire de la psychanalyse »

3) Freud S. : « Suite aux leçons d'introduction à la psychanalyse. »

4) Dethy M. : « Introduction à la psychanalyse de Freud »