Angoisse d'abandon

Sans doute la plus précoce des angoisses de la petite enfance et des racines de l'angoisse en général. Elle apparaît et se manifeste (cris, pleurs, agitation, effroi) lorsqu'un besoin instinctif du petit enfant (faim par exemple) ne trouve pas sa satisfaction immédiate. Elle devient ensuite désarroi devant l'absence (ou la possibilité d'absence) de réponse à la demande de présence de la mère. Dominée dans l'évolution, elle réapparaît chaque fois que l'être se trouve en désarroi devant le barrage ou la menace (d'abord externe puis intériorisée) opposée à son désir, dans le sens où celui-ci se heurte à un interdit qui, originellement, aurait eu pour sanction le retrait d'amour et l'abandon. Il ne s'agit donc pas d'une réaction à un abandon réel.

(Lafon R. : « Vocabulaire de psychopédagogie et de psychiatrie de l'enfant »)

 

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Commentaires

Bonjour, J'aimerais

Bonjour,

J'aimerais connaître la différence entre une personne abandonnique et une qui présente des angoisses d'abandon? Car, je ne saisis pas la nuance... L'un a vécu un abandon réel tandis que l'autre un abandon fantasmé?

Un grand merci d'avance de m'éclairer un peu plus..
Roxane :)

L'angoisse d'abandon est une

L'angoisse d'abandon est une angoisse normale au départ chez l'enfant qui la domine au cours de son développement. Cependant, elle peut prendre le dessus s'il y a faille narcissique due à la fausse présence de la mère, une mère morte en quelque sorte. Si l'enfant n'a pas pu se détacher de ce "fantôme", il risque de devenir un adulte abandonnique. C'est donc tout à fait différent de la réaction à un abandon réel puisqu'ici, la mère est présente physiquement, continue de prodiguer des soins à l'enfant et a parfois de grandes difficultés à s'en séparer. Un désinvestissement s'opère dans les deux cas mais, contrairement à la situation de l'abandonné qui réinvestit un substitut maternel, le futur abandonnique s'identifie au "trou" laissé par la mère et reste encombré par cette présence, ce qui affecte considérablement ses relations d'objet.

Quant à l'abandonnique, il s'agit d'un névrosé pré-oedipien qui fonctionne sur un mode primitif, dont le but est de s'assurer l'amour et la sécurité. Il craint par dessus tout d'être abandonné par l'autre (angoisse primaire du tout petit enfant incapable de satisfaire ses propres besoins), ce qui l'oblige à le surveiller, à le mettre sans cesse à l'épreuve, fonctionnant sur le mode du "tout ou rien" pour terminer par le quitter par crainte d'être déçu ou par être une fois de plus, lâché par l'autre.

Pour simplifier, on peut dire qu'un enfant qui souffre d'angoisse d'abandon et qui n'est pas aidé dans son enfance ou son adolescence, deviendra un adulte abandonnique c'est-à-dire que toute une structure abandonnique se construira autour de ses angoisses d'abandon en les compliquant encore par d'autres mécanismes de défense. Il n'y a jamais vécu d'un abandon réel mais vécu d'un sentiment d'abandon c'est-à-dire que la mère n'investit pas l'enfant tout en s'occupant de lui, de ses besoins physiques, il ne se sent pas désiré ni aimé pour ce qu'il est par sa mère.